Chaque nuit, son chat la frappait au visage jusqu’à ce qu’elle quitte son lit… le vétérinaire comprit que Luna n’essayait pas de prendre sa place

Après la mort de son mari, elle avait pris l’habitude de dormir seule sur le dos au milieu du lit. Auparavant, elle dormait surtout sur le côté.

Cette nouvelle position rendait ses pauses respiratoires beaucoup plus fréquentes.

Luna dormait souvent au pied du lit. Elle avait probablement entendu les ronflements s’arrêter brutalement, puis remarqué l’immobilité inhabituelle de sa maîtresse.

Au début, la chatte avait simplement touché son visage.

Lorsqu’elle avait constaté qu’Anna reprenait son souffle après s’être réveillée, elle avait répété ce geste chaque nuit.

Mais Anna se rendormait presque immédiatement.

Luna avait alors commencé à tirer la couverture et à la pousser hors de la chambre.

Sur le canapé, Anna plaçait plusieurs coussins derrière elle et dormait dans une position presque assise. Ses voies respiratoires restaient plus ouvertes, les pauses diminuaient et Luna pouvait enfin retourner dormir.

La chatte ne cherchait donc pas à prendre possession du lit.

Elle attendait seulement que sa maîtresse se trouve dans une position où elle respirait correctement.

Anna reçut un appareil adapté à son trouble et cessa de prendre le sédatif après en avoir parlé avec son médecin.

Les premières nuits furent difficiles. Le masque la gênait et le bruit léger de l’appareil l’empêchait de se détendre.

Luna, elle, resta près de son oreiller.

La chatte observa longuement le masque, le renifla, puis s’allongea à côté de sa maîtresse.

Pour la première fois depuis trois mois, elle ne la réveilla pas à quatre heures du matin.

Anna dormit jusqu’au lever du soleil.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Luna reposait paisiblement près de sa tête, une patte posée sur son bras.

Les semaines suivantes, les maux de tête disparurent progressivement. Anna retrouva de l’énergie et comprit à quel point son état s’était dégradé sans qu’elle s’en rende compte.

Elle revint ensuite à la clinique avec Luna.

Cette fois, sa voix n’était plus épuisée.

— Je pensais qu’elle voulait me chasser de mon propre lit, dit-elle en caressant la chatte. En réalité, elle vérifiait simplement que j’allais me réveiller.

Luna ferma les yeux sous sa main.

Pendant trois mois, tout le monde avait cherché ce qui n’allait pas chez le chat.

Mais Luna n’avait jamais été malade.

Elle avait seulement remarqué, bien avant les humains, que chaque nuit, le silence de sa maîtresse durait quelques secondes de trop.

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