Lucía fut transportée immédiatement à l’hôpital.
Daniel monta dans l’ambulance.
Álvaro voulut suivre.
La police l’en empêcha.
— Nous avons seulement quelques questions.
Il protesta.
Puis essaya de partir.
Ce fut sa deuxième erreur.
À l’hôpital, les médecins expliquèrent à Daniel que Lucía présentait encore des signes vitaux extrêmement faibles qui avaient probablement été mal interprétés après l’accident.
Le bébé, lui, avait toujours une activité cardiaque.
Daniel resta près d’elle.
Pendant ce temps, les policiers examinèrent les appels d’Álvaro.
Puis les caméras routières.
Et une anomalie apparut.
Quelques minutes avant l’accident de Lucía, une voiture appartenant à Álvaro avait été filmée sur la même route.
Il avait affirmé être chez lui.
Le téléphone racontait une autre histoire.
Puis les enquêteurs trouvèrent quelque chose d’encore plus grave.
Lucía avait récemment modifié son testament.
Une grande partie de ses biens devait revenir à son enfant.
Álvaro, qui auparavant gérait plusieurs affaires familiales, perdait presque tout contrôle sur cet argent.
Daniel comprit alors pourquoi son beau-frère avait été si pressé.
Le cercueil.
Les signatures.
La crémation.
Tout devait aller vite.
Trop vite.
Deux jours plus tard, Lucía reprit brièvement connaissance.
Daniel lui prit la main.
— Je suis là.
Ses lèvres bougèrent difficilement.
Il se pencha.
Elle murmura un seul prénom.
— Álvaro.
Daniel sentit son sang se glacer.
La police revint immédiatement.
Lucía ne pouvait pas encore raconter toute l’histoire.
Mais ce seul mot suffit à transformer l’enquête.
Álvaro fut interrogé de nouveau.
Et cette fois, les horaires ne correspondaient plus à ses explications.
Le véritable mystère n’était donc plus seulement de savoir comment Daniel avait aperçu ce mouvement dans le cercueil.
C’était de comprendre pourquoi un homme avait voulu que sa propre sœur soit incinérée avant que quiconque puisse découvrir qu’elle respirait encore.
Quelques semaines plus tard, Lucía survécut.
Son bébé aussi.
Daniel conserva longtemps le document de crémation qu’il n’avait jamais signé.
Pas comme souvenir morbide.
Comme rappel.
Il avait été à quelques secondes d’accepter ce que tout le monde autour de lui répétait.
Puis quelque chose avait bougé.
Un ventre.
Une vie.
Et toute une vérité que quelqu’un voulait réduire en cendres avec elle.
