Le policier resta silencieux quelques secondes.
Puis il demanda :
— Depuis combien de jours recevez-vous ces bouquets ?
— Quatre.
Il hocha lentement la tête.
— Toujours quarante roses ?
— Oui.
Il observa les fleurs une dernière fois.
— Madame…
Il faudrait que vous m’accompagniez au commissariat.
Mon cœur se serra.
— Mon mari est vivant ?
Il ne répondit pas.
Deux heures plus tard…
Les enquêteurs découvrirent que le téléphone de mon mari avait cessé d’émettre trois jours auparavant.
Sa voiture de location avait été retrouvée abandonnée.
À plusieurs centaines de kilomètres de son hôtel.
À l’intérieur…
Aucune trace de lutte.
Mais un détail attira immédiatement l’attention des policiers.
Sur le siège passager…
Une seule rose bleue.
Les enquêteurs interrogèrent le fleuriste.
Cette fois…
Sous mandat.
Le nom du client apparut enfin.
Ce n’était pas celui de mon mari.
Ni celui d’un inconnu.
C’était…
Le nom de son ancien associé.
Un homme disparu depuis près de deux ans.
Quelques jours plus tard…
La vérité éclata.
Les bouquets n’étaient pas destinés à me menacer.
Ils étaient un message.
Quarante roses.
Quarante jours.
Le temps exact écoulé depuis la mort de celui qui les avait commandées avant de disparaître.
Il savait qu’il risquait d’être tué.
Alors il avait payé un an entier de livraisons.
Avec une seule consigne.
« Si quelque chose m’arrive…
Envoyez-les à Madame Carter.
Elle comprendra qu’il faut chercher mon associé. »
Les policiers retrouvèrent finalement mon mari.
Séquestré.
Vivant.
Son ancien partenaire avait découvert une vaste fraude financière.
Et ceux qui avaient organisé son assassinat avaient ensuite enlevé mon mari pour l’empêcher de parler.
Sans ces mystérieuses roses…
Personne n’aurait jamais lancé l’enquête.
Quelques semaines plus tard…
Mon mari rentra enfin à la maison.
Le dernier bouquet arriva le lendemain.
Quarante roses bleues.
Pour la première fois…
Nous les avons déposées ensemble sur une tombe.
Celle de l’homme qui avait sacrifié sa vie…
Pour que la vérité finisse, un jour, par fleurir.
