PARTIE 2 : Quand la fillette a murmuré la vérité… l’homme a compris qu’il était déjà trop tard pour détourner le regard

Quand la fillette a murmuré la vérité… l’homme a compris qu’il était déjà trop tard pour détourner le regard

L’homme ne répondit pas immédiatement.

Son regard passa de la fillette…

aux hommes en noir.

Puis revint vers elle.

Quelque chose ne collait pas.

Rien ne collait.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

La fillette secoua la tête.

Comme si elle savait déjà que personne ne la croirait.

— Je ne peux pas le dire ici.

Sa voix était basse.

Tendue.

Différente.

L’homme sentit le changement.

Ce n’était plus seulement de la tristesse.

C’était de la peur.

Réelle.

— Viens avec moi —dit-il—.

La fillette hésita.

Regarda de nouveau vers les hommes.

Ils étaient toujours là.

Immobiles.

En train d’observer.

— Ils nous regardent —murmura-t-elle.

L’homme se leva lentement.

Essayant de paraître calme.

— Alors marchons.

Il prit le vélo.

Comme si c’était normal.

Comme si rien ne se passait.

— Viens.

La fillette le suivit.

Collée à lui.

Sans lâcher le guidon.

Ils marchèrent lentement.

Sans courir.

Sans se retourner.

Mais l’homme le savait.

Il le sentait.

Ils n’étaient pas seuls.

Quand ils arrivèrent au coin du parc, ils s’arrêtèrent.

— Maintenant dis-moi —dit-il.

La fillette avala sa salive.

— Ma mère travaillait pour eux.

L’homme fronça les sourcils.

— Qui ?

— Une entreprise.

Pause.

— Mais ce n’était pas une entreprise.

Le silence tomba.

— C’était autre chose.

L’homme sentit son pouls battre dans son cou.

— Et qu’est-ce qui s’est passé ?

La fillette baissa les yeux.

— Elle a découvert quelque chose.

— Quoi ?

La fillette hésita.

— Elle n’a pas voulu me le dire.

Pause.

— Elle a juste dit que c’était dangereux.

Le vent fit bouger le panneau du vélo.

À VENDRE.

Comme si cela n’avait plus d’importance.

— Et après…

La voix de la fillette trembla.

— Elle a arrêté de travailler.

L’homme regarda derrière lui.

Rien.

Mais cela ne voulait rien dire.

— Et eux ?

— Ils sont venus.

La fillette serra le guidon.

— À la maison.

— Qu’est-ce qu’ils ont fait ?

La fillette ferma les yeux.

— Ils lui ont dit de revenir.

Pause.

— Ou qu’elle ne se réveillerait plus.

L’homme sentit un frisson lui parcourir le dos.

— Et maintenant ?

La fillette leva les yeux.

— Elle est malade.

Silence.

— Très malade.

L’homme comprit.

Ce n’était pas un hasard.

Ce n’était pas de la malchance.

— Ils l’empoisonnent ?

La fillette ne répondit pas.

Mais ce n’était pas nécessaire.

L’homme inspira profondément.

— Où est ta mère ?

La fillette hésita.

Regarda autour d’elle.

— À la maison.

— Seule ?

Elle acquiesça.

L’homme serra les dents.

Regarda encore vers le parc.

Les hommes n’étaient plus là.

Et c’était pire.

Beaucoup pire.

— Il faut y aller maintenant.

La fillette le regarda.

— Vraiment ?

L’homme acquiesça.

— Oui.

Il prit le vélo.

Le poussa en avant.

— On ne va pas vendre ça.

La fillette cligna des yeux.

— Alors ?

L’homme la regarda.

Pour la première fois avec détermination.

— On va la sauver.

La fillette ne dit rien.

Mais quelque chose changea dans son regard.

Ce n’était pas du soulagement.

Pas encore.

Mais elle n’était plus seule.

Et ça…

ça changeait tout.

En quittant le parc, l’homme ne put s’empêcher de penser à une chose :

si ces gens ne voulaient pas que la mère reste en vie…

alors ils en savaient déjà trop.

Et s’ils en savaient déjà trop…

alors eux aussi étaient en danger.

Et cette fois…

il n’y avait pas d’issue sans les affronter.

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