Sous la neige berlinoise, elle n’a pas tremblé. Lundi soir, au 76e Festival de Berlin, Isabelle Huppert a littéralement capté la lumière. Pas besoin d’effets spectaculaires. Sa simple présence a suffi. Sourire calme, allure droite, regard assuré. Une reine des glaces, mais chaleureuse, loin des lunettes noires qu’elle portait quelques heures plus tôt en conférence de presse.
Présenté hors compétition, « The Blood Countess » a offert à l’actrice un rôle inattendu : celui d’Elizabeth Bathory, figure historique controversée revisitée dans une version cabaret et contemporaine signée par la réalisatrice allemande Ulrike Ottinger, connue notamment pour « Jeanne d’Arc de Mongolie ». Pour la première fois de sa carrière, Isabelle Huppert incarne une vampire. Et elle s’y est jetée sans retenue.

Sur scène, elle a évoqué ce choix avec une pointe d’amusement. « C’est toujours amusant de jouer un vampire… Je connaissais l’histoire d’Elizabeth Bathory, c’était une femme horrible qui prélevait le sang des jeunes. Mais c’était fun de jouer une vampire », a-t-elle confié. Ulrike Ottinger a même partagé un souvenir de tournage : « Elle me demandait : dois-je mordre plus ? Je lui répondais : oui, n’hésite pas », a-t-elle raconté en riant.

Mais au-delà du cinéma, c’est aussi sur le terrain du style qu’Isabelle Huppert a imposé sa signature. Tout au long de la journée, elle a choisi des silhouettes issues de la maison italienne Balenciaga. Des lignes fortes, un minimalisme affirmé, et cette manière unique de porter les vêtements comme une extension naturelle de sa personnalité.

À la Berlinale, elle n’était pas simplement invitée. Elle était l’événement. À la fois actrice audacieuse et icône de mode, Isabelle Huppert prouve qu’elle n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Au contraire, elle semble encore mieux maîtriser l’art de surprendre.
