On le connaît intransigeant en cuisine, implacable face aux candidats de Top Chef et déterminé dans Cauchemar en cuisine. Mais lorsqu’il parle de son fils, le ton change. Philippe Etchebest laisse tomber l’armure.
Installé à Bordeaux, aux commandes de plusieurs restaurants, le chef étoilé est profondément attaché à sa région. Pourtant, en 2005, il a tout quitté pendant plusieurs semaines avec sa femme Dominique pour vivre ce qu’il décrit comme le moment le plus bouleversant de son existence. Direction le Mexique, à 9000 kilomètres de la France, pour adopter leur fils, Louis-Oscar.
Invité dans l’émission de Guillaume Pley, il s’est replongé dans ce souvenir qui, vingt ans plus tard, reste intact. Le jour où il apprend qu’il va devenir père, il se trouve à Bercy, lors d’un combat de boxe de Mahyar Monshipour. Un appel change tout. On lui annonce qu’un petit garçon mexicain les attend.

Une semaine plus tard, le couple prend l’avion pour une première rencontre et entamer les démarches administratives. Sur place, tout est encadré. Les visites à l’orphelinat sont limitées à l’après-midi. Il ne faut pas montrer ouvertement aux autres enfants que ce petit garçon va repartir avec eux. Au Mexique, explique-t-il, l’attachement aux enfants est immense.
Puis vient le moment de la première rencontre. Philippe Etchebest raconte les couloirs, les lits alignés, les bébés. Il sait exactement où se trouve celui qu’on lui a désigné. Il fait semblant de s’intéresser aux autres pour ne rien laisser paraître. Il tourne le dos. Dominique lui racontera plus tard que le petit Louis-Oscar s’était levé, tentant de l’attraper, avant de se rasseoir lorsqu’il s’est retourné.
À ce souvenir, la voix du chef se brise encore aujourd’hui. Les larmes montent. Il se rappelle avoir pensé instantanément : « C’est mon fils. » Il le repose dans son lit et repart, avec une seule obsession : revenir le chercher.
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Un mois plus tard, en janvier, ils retournent au Mexique. Ils devaient rester dix jours. Ils y resteront six semaines, le temps d’obtenir les papiers nécessaires. Tous les trois vivent alors dans une petite chambre de 12 m², suspendus à chaque appel annonçant le passeport. Les délais sont sans cesse repoussés.
Ces semaines sont à la fois intenses et éprouvantes. Ils sortent peu, préfèrent rester ensemble, profiter de chaque minute avec leur fils dans son pays d’origine. C’est là, loin de tout, que Philippe Etchebest et Dominique découvrent la parentalité.
Deux décennies plus tard, le souvenir reste brûlant. Derrière le chef exigeant et la figure médiatique, il y a un père qui, encore aujourd’hui, perd ses moyens en évoquant ce premier regard échangé à l’autre bout du monde.
