Pendant longtemps, le public n’a vu qu’un duo. René Angélil et Céline Dion. Le mentor et la star. Le mari et l’icône mondiale. Pourtant, bien avant cette histoire devenue légendaire, René Angélil avait déjà construit une autre vie, avec d’autres femmes et trois enfants, restés dans l’ombre… jusqu’à aujourd’hui.
Dix ans se sont écoulés depuis sa disparition, survenue le 14 janvier 2016 à Las Vegas, après sept années de combat contre un cancer de la gorge. Le choc avait été immense. Le Québec lui avait rendu hommage avec des obsèques nationales, et la basilique Notre-Dame de Montréal, où il avait épousé Céline Dion en 1994, avait accueilli une cérémonie millimétrée, presque théâtrale, pensée par René lui-même avant sa mort.

Ce jour-là, sous les regards du monde entier, Céline avançait voilée de noir, entourée de leurs trois enfants, René-Charles, puis les jumeaux Eddy et Nelson. Mais ils n’étaient pas les seuls héritiers présents. À l’avant de l’église, un autre homme prenait la parole. Le premier fils de René. Celui que beaucoup découvraient.
Patrick Angélil, l’aîné, a rendu hommage à un père exigeant, passionné, parfois joueur, évoquant autant le producteur infatigable que l’homme attentionné. Une scène rare, presque déroutante, tant cette branche de la famille avait toujours vécu loin des projecteurs.
Patrick est né de l’union entre René Angélil et Denyse Duquette, qu’il épouse en décembre 1966, à l’époque où il est encore chanteur au sein du groupe Les Baronets. Leur mariage ne durera que six ans. En 1972, ils se séparent, au moment même où la carrière musicale de René s’éteint définitivement.

L’année suivante, René refait sa vie avec Manon Kirouac, connue sous le nom d’Anne Renée, jeune artiste qu’il produit. Ils se marient en 1973. Deux enfants naissent de cette union : Jean-Pierre en 1974, puis Anne-Marie en 1977. Leur histoire prend fin en 1985. Trois enfants, deux femmes, et une vie déjà bien remplie… avant même l’arrivée de Céline Dion.
Au début des années 1980, tout bascule lorsqu’un certain Michel Dion insiste pour que René écoute une cassette. En quelques minutes, le producteur comprend qu’il tient quelque chose d’exceptionnel. Le reste appartient à l’histoire. Le pygmalion devient impresario, puis compagnon, puis mari. De leur union naissent René-Charles en 2001, puis Eddy et Nelson en 2010, après un long parcours médical.
Si ces trois derniers enfants ont grandi sous les yeux du public, les premiers, eux, ont continué à avancer discrètement. Sauf que l’un d’eux n’a jamais vraiment quitté l’univers Dion Angélil. Patrick, né seulement deux mois avant Céline Dion, a trouvé naturellement sa place dans la machine familiale.

Car chez les Angélil Dion, le business est une affaire de sang. La société Les Productions Feelings, créée en 1982, gère tout : albums, tournées mondiales, spectacles, produits dérivés. Autour de Céline et René, on retrouve Michel Dion, plusieurs membres de la fratrie Dion… et Patrick Angélil.
Aujourd’hui encore, après la disparition de René, Patrick joue un rôle clé. Il est directeur de production et de gestion des médias chez CDA Productions, l’entité fondée en 1998 pour piloter les spectacles de Céline Dion à travers le monde. Une continuité assumée. Une transmission silencieuse.

Jean-Pierre et Anne-Marie, eux, ont choisi une vie loin de l’industrie. Mais les liens restent forts. Lors du baptême des jumeaux Eddy et Nelson à Las Vegas en 2011, les trois aînés étaient présents comme parrains et marraines. Une image rare d’une famille recomposée, soudée malgré les chemins différents.
Derrière la légende Céline Dion et René Angélil, il y a donc une histoire plus vaste. Plus complexe. Et toujours bien vivante.
