Au début, les voyageurs ne le remarquaient presque pas. La gare était toujours bondée, remplie de gens pressés, de valises à roulettes et de personnes rivées à leur téléphone. Mais après quelques semaines, tout le monde a commencé à remarquer quelque chose d’étrange, quelque chose qu’ils ne pouvaient ignorer.
Chaque matin, à 7 h 15 pile, un chien entrait en trottinant dans la gare. Ce n’était ni un chien errant, ni un chien perdu, mais un chien déterminé. Il portait dans sa gueule une mallette en cuir noir. La poignée s’adaptait parfaitement entre ses dents.
Il se faufilait parmi la foule, se dirigeait vers le quai 4 et s’asseyait à côté du même banc. Les passagers juraient l’avoir vu regarder le tableau des arrivées, comme s’il attendait un train en particulier. Quand celui-ci arrivait, il ne montait jamais à bord. Il restait simplement assis là, immobile et silencieux, jusqu’à ce que le train reparte.
Puis, tout aussi calmement, il faisait demi-tour et s’en allait.
Les gens ont commencé à chuchoter. Qui l’avait dressé ? Que contenait la mallette ? Un jour, un passager courageux a essayé de l’ouvrir, mais le chien a grogné et l’a serrée plus fort entre ses dents. Un autre jurait avoir vu des initiales gravées dans le cuir, celles d’un homme décédé des années auparavant sur ce même quai.
Personne ne pouvait l’expliquer. Les caméras de sécurité ont confirmé que le chien arrivait tous les matins, toujours à la même heure, toujours avec la mallette, et repartait toujours après le départ du même train.
Et à ce jour, personne n’a compris ce que le chien attendait.

