Sophie avait toujours aimé les bibliothèques. Le bruissement discret des pages, l’odeur du papier ancien, l’impression que chaque livre pouvait receler un secret… Elle s’y sentait comme chez elle. Un après-midi pluvieux, elle se rendit dans son coin préféré, prit un roman d’amour usé sur l’étagère et s’installa dans un fauteuil.
Alors qu’elle feuilletait les pages, quelque chose glissa et tomba sur le sol. Ce n’était pas un marque-page. C’était une enveloppe, jaunie par le temps, sur laquelle son nom était écrit à l’encre délavée. Sophie se figea. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Comment son nom pouvait-il figurer sur quelque chose qui avait manifestement été placé là il y a des années ?
Les mains tremblantes, elle l’ouvrit. À l’intérieur se trouvait une note manuscrite : « Si vous avez trouvé ceci, c’est que le destin a fait son œuvre. Je t’ai aimée de loin, et je ne peux pas partir sans te le dire. Si tu veux connaître la vérité, rejoins-moi au café de la 3e rue, près de la fenêtre, samedi à 17 heures. »
L’esprit de Sophie s’emballa. La note ne portait pas de date. Elle pouvait avoir été écrite la semaine dernière ou il y a vingt ans. La curiosité la rongeait jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus résister. Le samedi arriva, et elle se rendit nerveusement au café. L’endroit était bondé, et l’odeur du café emplissait l’air. Elle repéra la table près de la fenêtre, vide, à l’exception d’une autre enveloppe posée sur la table.
Les doigts tremblants, elle la prit. Le nouveau mot disait : « Je ne sais pas quand tu trouveras la première lettre, ni combien de temps cela te prendra. Mais si vous lisez ceci maintenant, c’est que vous étiez destinée à le faire. Regardez autour de vous. Je suis toujours là. »
Elle retint son souffle en levant les yeux. Assis de l’autre côté de la pièce se trouvait un homme qu’elle connaissait bien : son ami d’enfance, Daniel. Il avait toujours fait partie de sa vie, la soutenant discrètement, sans jamais rien avouer. Il souriait nerveusement, tenant un vieux cahier identique à celui qu’elle venait de lire.
Les larmes montèrent aux yeux de Sophie lorsqu’elle comprit la vérité. Les lettres ne provenaient pas d’un inconnu, ni du passé. Elles l’attendaient depuis toujours, cachées à la vue de tous par quelqu’un en qui elle n’avait jamais cessé d’avoir confiance.
Parfois, l’amour que vous recherchez n’est pas nouveau du tout. Il est à vos côtés, attendant patiemment que la bonne page se tourne.

